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Centenaire de la Grande Mosquée de Paris : un siècle d’histoire, de débats et de mémoire

La Grande Mosquée de Paris célèbre son centenaire. Inaugurée en 1926, elle est devenue un symbole majeur de l’islam de France. Lieu de culte, monument historique et site touristique, elle reste aussi au cœur de débats politiques.

Un monument emblématique du Quartier latin

Située place du Puits-de-l’Ermite, dans le Ve arrondissement, la mosquée s’étend sur 7 500 m². Son minaret de 33 mètres domine le Quartier latin.

Son architecture s’inspire du style arabo-andalou. Zelliges, bois de cèdre, patios, jardins et fontaines rappellent le Maghreb. Le lieu attire chaque année des milliers de visiteurs.

L’édifice est inauguré en juillet 1926. Le président Gaston Doumergue et le sultan Moulay Youssef assistent à la cérémonie.

Un hommage aux soldats musulmans

La mosquée rend hommage aux soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale. Plus de 100 000 d’entre eux périssent au front.

Le projet est soutenu par le maréchal Hubert Lyautey et par Édouard Herriot. Ils défendent un geste de reconnaissance nationale.

Mais les critiques apparaissent rapidement. Le monarchiste Charles Maurras dénonce une menace pour l’identité chrétienne du pays. De son côté, Messali Hadj parle d’un symbole colonial.

Laïcité et stratégie politique

La loi de 1905 interdit le financement public des cultes. L’État contourne l’obstacle grâce à la Société des habous, basée en Algérie.

En 1920, le Parlement vote une subvention. La Ville de Paris offre le terrain. La construction peut alors commencer.

Au-delà de l’hommage, la mosquée répond aussi à une stratégie politique. La France veut affirmer son influence dans le monde musulman. À l’époque, environ 20 000 musulmans vivent à Paris.

Une relation étroite avec l’Algérie

Depuis l’indépendance de l’Algérie, tous les recteurs sont algériens. En 1982, un accord officialise le financement régulier par Alger.

L’actuel recteur, Chems-eddine Hafiz, défend l’indépendance de l’institution. Des polémiques récentes portent sur la certification halal.

En mars 2025, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau refuse de participer à l’iftar officiel. Une première très commentée.

Un lieu de mémoire et de culture

La mosquée peut accueillir jusqu’à 15 000 fidèles. Lors de l’Aïd, l’affluence est encore plus forte.

Durant l’Occupation, elle aurait aidé des résistants et des familles juives. Des certificats auraient été délivrés pour les protéger.

Classée monument historique depuis 1983, elle appartient au patrimoine national. Une scène du film La Grande Vadrouille, avec Louis de Funès et Bourvil, y est tournée en 1966.

Un symbole durable

Un siècle après son inauguration, la Grande Mosquée de Paris reste un symbole fort. Elle incarne la place des musulmans dans l’histoire de France.

Entre mémoire, foi et politique, elle traverse le temps sans perdre son influence.

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