Dans le cadre du OFF de la Biennale de Dakar 2026, la Maison de la Culture Douta Seck accueille « Lou Taax – Le Pourquoi », une exposition réunissant designers et artistes plasticiens autour de la mémoire, du patrimoine et de l’innovation. Placée sous le commissariat de Baye Amady Fall, cette rencontre artistique accueille le Cameroun comme pays invité.
Comment construire une modernité africaine sans rompre avec les héritages du passé ? C’est la réflexion au cœur de « Lou Taax – Le Pourquoi », présentée dans la salle Alioune Diop de la Maison de la Culture Douta Seck.
L’exposition réunit Moussa Ndiaye, dit Elijah Moses, Papis Djibril Diop, Taha Diakhaté, Waa Keur Design, Shan’s Art, Babacar Diop et Ibrahima Diallo. À travers leurs différentes démarches, ces créateurs explorent la manière dont les traditions, les symboles et les savoir-faire africains peuvent nourrir l’expression artistique contemporaine.
Le patrimoine comme source de création
Masques, sculptures, motifs traditionnels et représentations de la vie quotidienne constituent autant de références mobilisées par les artistes. Certaines œuvres puisent dans les cultures haoussa et bantoue, tandis que d’autres évoquent les paysages et les pratiques pastorales, témoins d’une mémoire collective toujours vivante.
L’ambition n’est pas de reproduire le passé, mais de le réinterpréter pour proposer de nouvelles formes artistiques. Une démarche qui rappelle la pensée de Léopold Sédar Senghor fondée sur « l’enracinement et l’ouverture ».
Le collectif Waa Keur Design illustre également cette volonté de renouvellement à travers la transformation de matériaux recyclés en objets de création. Son travail associe savoir-faire, innovation et préoccupations environnementales, inscrivant le design dans une perspective de développement durable.
Une exposition ouverte sur l’Afrique
Avec le Cameroun comme pays invité, « Lou Taax – Le Pourquoi » affirme sa dimension panafricaine et encourage le dialogue entre les patrimoines culturels du continent.
Au-delà des œuvres présentées, l’exposition interroge la capacité des artistes africains à construire leurs propres références contemporaines à partir de leurs héritages.
À la Maison de la Culture Douta Seck, art et design deviennent ainsi des moyens de transmission, mais aussi des espaces d’expérimentation pour imaginer l’avenir de la création africaine.


